21 octobre 2007
Societé
Encore à la rue
Hier matin, les forces de l’ordre ont évacué les familles mal logées qui campaient depuis un mois rue de la Banque, à Paris.
Il faisait encore nuit. Quelques tentes installées depuis un mois rue de la Banque, dans le IIe arrondissement de Paris, étaient vides. Leurs occupants – employés d’entreprises de nettoyage – étaient déjà partis travailler. Les autres dormaient encore. «Vers 5 h 45, on a vu affluer des camionnettes des forces de l’ordre à l’angle de la rue, témoigne Benoîte Bureau, une militante du DAL (Droit au logement). Ensuite, une centaine de gendarmes mobiles ont envahi le campement. Ils ont commencé à secouer les tentes, demandé aux gens de prendre leurs affaires et de sortir.»
Cette intervention est la quatrième du genre depuis l’installation du campement le 3 octobre, au pied du Ministère de la crise du logement, un immeuble squatté devenu le QG d’associations de mal-logés (DAL, CAL, Macaq, Jeudi noir du logement). Trois autres opérations avaient eu lieu manu militari le 5 octobre à 4 h 30, le 9 à 5 h 30 et le 11 à 17 h 00. Hier matin, les tentes ont été pliées, chargées dans un camion et emmenées par les gendarmes. Ces évacuations à répétition témoignent de la volonté du gouvernement d’empêcher tout abcès de fixation, comme le campement des Don Quichotte, l’hiver dernier sur les bords du canal Saint-Martin. Ces dernières semaines, d’autres expulsions de personnes installées dans des tentes ou des cabanes ont eu lieu autour de Paris, notamment porte de Bagnolet.
«Il y a quarante ans, les pouvoirs publics s’attachaient à résorber les bidonvilles. Ils relogeaient les familles dans des programmes de HLM lancés en nombre. Aujourd’hui, on traite cette question par répression», peste Jean-Baptiste Eyraud, le président du DAL. Les campeurs de la rue de la Banque ne sont pas des SDF, mais des victimes du mal-logement. Il s’agit de familles avec enfants d’origine africaine ou maghrébine en situation régulière. Les parents ont un emploi. Mais pour se loger c’est l’hôtel, parfois depuis des années. D’autres familles s’entassent dans des chambres de bonne, ou des logements insalubres, loués par des marchands de sommeil. D’autres encore vivent chez des proches ou sont menacés par une expulsion locative.
Lors de l’intervention d’hier, un délégué des familles, blessé au poignet, a été conduit par les pompiers à l’hôpital. Quelques campeurs ont été emmenés en bus par la Bapsa (Brigade d’assistance aux personnes sans-abri) dans un centre d’hébergement, pour un petit déjeuner. Mais une majorité, notamment des femmes avec enfants, a préféré se replier à l’entrée de la station du métro Bourse, tout proche. Dans la soirée, plusieurs centaines de personnes soutenues par des personnalités (dont Richard Bohringer et Guy Bedos) ont pris part à un rassemblement de solidarité organisé sur place. Le matin, lors d’une conférence de presse à la mairie du IIe arrondissement, l’acteur Gérard Depardieu, habitant du quartier, avait qualifié de «lamentable» l’attitude du gouvernement, invitant Christine Boutin à faire «quelque chose». «Parce qu’on va s’énerver.»
Source: www.liberation.fr





Si vous ne voyez pas un commentaire que vous avez ajouté c'est qu'il est en cours de modération ou a été rejeté.
Ajouter un commentaire :
Sur Publikr-demo.com vous pouvez exprimer votre opinion sur les contenus.
Cette section est modérée. Les textes ne sont publiés qu'après modération. Publikr-demo.com se réserve le droit de rejeter tout commentaire ne respectant pas la ligne éditoriale.